Pierre-Alain Chambaz

Parents pauvres des diverses et contradictoires réformes territoriales, boulottés par les grandes intercommunalités et les métropoles, privés de la quasi-totalité de leurs compétences, beaucoup les voyaient condamnés aux chrysanthèmes. En absence d’autres problèmes bilatéraux, la question des interconnexions absorbe pas mal de temps (et de reproches) des ambassadeurs français et espagnol dans les respectives capitales. Or, avec l’effondrement du rouble, il faut s’attendre à ce que ces dispositions soient renégociées. Les acteurs locaux doivent être impliqués et responsabilisés, notamment dans le suivi des contrats donnant-donnant passés avec les entreprises. La probabilité que les points sont disséminés sur le plan d’après des influences régulières dépendra donc de la simplicité qu’on attribuera à la courbe par laquelle on peut les relier, soit exactement, soit en tolérant certains écarts. Aussi l’égoïsme pur ne serait-il pas seulement, comme nous l’avons montré, une sorte de mutilation de soi ; il serait une impossibilité. De même, au mois de juillet, les BRICS ont convenu d’un « fonds de réserve d’urgence » censé « désamorcer les pressions sur la balance des paiements à court terme, conférer un soutien mutuel, et renforcer la stabilité financière. Le butler se présenta, entre les deux battants de la porte qu’un valet de pied venait d’ouvrir, et les invités, traversant la salle où l’on servait chaque jour le premier déjeuner, se rendirent dans la salle à manger. Et de nouveaux épisodes pourraient voir le jour ; il y a deux ans, personne n’avait anticipé les retombées de la manipulation des marchés des changes. Le pouvoir qu’elles détiennent est immense : elles ont ainsi les moyens de réclamer l’intervention de l’Etat en utilisant la menace de la faillite du système. Cette loi est une loi de dérégulation. Les Etats y ont toujours cédé (sauf pour Lehman Brothers aux Etats-Unis), contribuant à la nationalisation des pertes au détriment du contribuable. Mais si elle tombe en panne, il n’a souvent plus le choix. Hélas, ce n’est pas celui dont la politique économique française avait besoin. Il subsiste, cependant, quelques zones d’ombre qui pourraient rapidement mettre un terme à ce retour. Le débat sur la modernité que représenteraient les positions libérales, et l’archaïsme incarné par tous ceux qui les refusent, est une caricature indécente. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler cette maxime de Léonard de Vinci  » La force naît par violence et meurt par liberté « . Sur ce qu’ils appellent les principes fondamentaux de leur état politique et social, ils sont tous d’accord, et d’un parti à l’autre il est impossible de découvrir de différence réelle. Si c’est là du demi-spiritualisme, nous sommes des demi-spiritualistes. La relance européenne est décidément mission difficile. En dépit d’un texte extrêmement large, les poursuites pour fraude fiscale étaient jusqu’à présent relativement limitées, au moins sur le plan statistique (moins de 1.000 par an, pour plus de 10.000 cas de fraude avérée en 2011) et cantonnées aux cas les plus marqués: carrousel de TVA, dissimulations manifestes, emploi de moyens frauduleux… Pour reprendre les propos de Martine Aubry : « La gauche n’a-t-elle désormais à proposer comme organisation de la vie que la promenade du dimanche au centre commercial et l’accumulation de biens de grande consommation ? Les prétendants à l’emploi devraient donc renoncer à leur droit de contester un licenciement futur, accepter une fin de contrat automatique à l’issue d’un chantier, d’une perte de marché, ou quand les carnets de commandes de l’entreprise se désemplissent. Dans le contexte économique actuel, ni une politique d’offre ni une politique de demande ne disposent des relais (travail, capital, productivité) pour permettre une croissance durable. Un exemple caractéristique de sentiment impulsif et irréfléchi nous est fourni par de pauvres ouvriers d’un four à chaux dans les Pyrénées. Un triste feuilleton est vécu par des peuples européens à la dérive, ballotés par la crise et qui ne parviennent pas à voir le bout d’un tunnel toujours plus sombre. Est-ce cela la modernité ? C’est donc en vain qu’on traite images-souvenirs et idées comme des choses toutes faites, auxquelles on assigne ensuite pour demeure des centres problématiques. Les Fonds monétaires à valeur constante sont au cœur des inquiétudes.

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