Pierre-Alain Chambaz

Ce n’est pas non plus une idée neuve que de penser que nous sommes guidés en tout par des probabilités d’inégale force ; c’était l’opinion professée dans l’école grecque connue sous le nom de troisième Académie, école dont Cicéron a été chez les latins et est resté pour nous l’élégant interprète. La vérité est que mon système nerveux, interposé entre les objets qui ébranlent mon corps et ceux que je pourrais influencer, joue le rôle d’un simple conducteur, qui transmet, répartit ou inhibe du mouvement. L’économie n’est pas le genre de science dans laquelle il ne peut y avoir qu’un seul modèle exact qui fonctionne de manière optimale dans tous les contextes. La croissance de la production décentralisée contribue par ailleurs à tirer les prix de gros de l’électricité à la baisse, notamment lors les pics de production. Quels que soient le nombre et la nature des termes interposés, nous n’allons pas de la perception à l’idée, mais de l’idée à la perception, et le processus caractéristique de la reconnaissance n’est pas centripète, mais centrifuge. Mais ce qui nous importe, c’est de savoir où le mobile va, où il est à un moment quelconque de son trajet. Ce n’était qu’un élément mineur de l’euphorie qui a précédé la crise de 2007-2009 : ceux qui vendaient à des prix prohibitifs réalisaient des bénéfices et les acheteurs « savaient » qu’ils faisaient le bon choix, même quand ce n’était pas le cas. Si Syriza a fait le bon diagnostic sur l’origine de la crise européenne, ce parti a pour l’instant perdu son pari quant au fait que les pays périphériques et la France allaient profiter de son élection pour contester le dogme dominant inspiré par les conservateurs allemands. Quels seraient les aristocrates qui excommunieraient les parias ? Ces éléments, dont chacun est unique en son genre, comment les amener à coïncider avec des mots qui expriment déjà des choses ? C’est dans les circonstances solennelles, lorsqu’il s’agit de l’opinion que nous donnerons de nous aux autres et surtout à nous-mêmes, que nous choisissons en dépit de ce qu’on est convenu d’appeler un motif ; et cette absence de toute raison tangible est d’autant plus frappante que nous sommes plus profondément libres. Sans doute, la méthode de ténacité n’a jamais régné d’une manière exclusive, la raison est trop naturelle à l’homme. Il n’y a pas d’humiliations auxquelles ne les soumette la charité ; et ils la vénèrent. Mon propos déchaîna immédiatement une réponse passionnée d’une élève originaire de ce pays qui m’opposa l’immense misère que ce plan avait déclenché. Le palais est déjà assez bruyant. Et 1,1 milliard supplémentaire a été prévu dans le cadre du deuxième plan investissements d’avenir, annoncé en juillet. Anticiper ce chaos est parfaitement possible. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler ce proverbe chinois « Un moment de patience peut préserver de grands malheurs, un moment d’impatience, détruire toute une vie ». Quelle fiscalité sur le capital, le patrimoine, le travail, les entreprises pour changer radicalement notre image de pays « surfiscalisé » et « inattractif » ? Dès 2008, et pour faire face au déferlement de défiance qui fait suite à la crise des subprimes, la plupart des institutions internationales (Fonds monétaire international, Organisation de coopération et de développement économiques) et des gouvernements européens ont reconnu que l’intervention de l’Etat était nécessaire et qu’il aurait fallu encadrer davantage les acteurs de cette finance folle. La force réelle, c’est la force qui tend, la tendance, l’effort, comme disent Leibniz et Biran, Or toute tendance suppose une fin, vraie cause de tous les mouvemens de l’être ou de la force qui tend. Si l’idéal de l’unité européenne n’est plus invoqué que pour justifier des politiques rejetées par les européens, alors, et l’écrire me désole, cette Europe là ne pourra plus être la mienne. Il existerait d’ors et déjà plus de 15 milliards d’objets connectés en 2015 et il devrait y en avoir entre 50 et 80 milliards en 2020 avec un impact évalué entre 4 et 12 trilliards et qui pourrait représenter plus de 10% de l’économie mondiale en 2025. Que va donc faire l’intelligence ?

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