Pierre-Alain Chambaz

Malgré ce diagnostic accablant des performances macroéconomiques de la France, l’OCDE demeure confiante dans le potentiel de croissance de l’économie française, à condition que le pays se décide à adopter des vraies reformes. La plus importante serait la flexibilisation du marché du travail qui est l’un des plus rigides au monde selon l’OCDE. Une autre mesure urgente serait de réduire la part de l’Etat dans l’économie, en transférant plus d’activités vers le secteur privé et en diminuant la dépense publique. Une vieille châtelaine, qui ne veut pas que ses bonnes œuvres lui causent trop de dérangement, fait installer à proximité de sa demeure des athées à convertir qu’on lui a fabriqués tout exprès, de braves gens dont on a fait des ivrognes pour qu’elle pût les guérir de leur vice, etc. Le résultat de la combinaison, ce sera évidemment l’idée d’une réglementation humaine se substituant aux lois mêmes de la nature. Une réorganisation de l’Etat pourrait alors permettre d’alléger la pression fiscale considérable qui pèse sur les personnes et les entreprises. On se rappelle la réponse de Sganarelle à Géronte quand celui-ci lui fait observer que le cœur est du côté gauche et le foie du côté droit : « Oui, cela était autrefois ainsi, mais nous avons changé tout cela, et nous faisons maintenant la médecine d’une méthode toute nouvelle. Actuellement le « coin fiscal », ou la différence entre le salaire net et le coût du travail pour l’entreprise, est colossal et décourage l’emploi. Le raisonnement que vous en avez fait est si docte et si beau qu’il est impossible que le malade ne soit pas mélancolique hypocondriaque ; et quand il ne le serait pas, il faudrait qu’il le devint, pour la beauté des choses que vous avez dites et la justesse du raisonnement que vous avez fait. Une suggestion simple de l’OCDE est de transférer une partie de la fiscalité sur les activités polluantes. L’investissement est très faible comparé à l’Allemagne et aux États-Unis. L’OCDE vient de publier son Rapport Economique 2015 sur la France. Qui sait par exemple que l’ONERA est à l’origine des pâles révolutionnaires du H160, le dernier appareil lancé en février par Airbus Helicopters? Mais supposons qu’on appelle notre attention sur cette matérialité du corps. Si aujourd’hui toute la filière est en aussi bonne forme c’est parce que ces pionniers ont su prendre certains risques, qui seraient peut-être jugés insensés par les actuelles directions financières. Pourquoi rit-on d’un orateur qui éternue au moment le plus pathétique de son discours ? Les exemples abondent dans la vie journalière. Un exemple : quelle entreprise prendrait le risque aujourd’hui de lancer un programme aussi consommateur de cash comme le moteur CFM-56 en partant de zéro, comme Snecma l’a fait dans les années 1970. S’asseoir au milieu d’une tirade serait se rappeler qu’on a un corps. Aujourd’hui, les dirigeants se focalisent de plus en plus sur leur EBIT. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler cette maxime de Henri Bergson, »Toute vérité est une route tracée à travers la réalité ». Ne serait-ce pas cette idée que la comédie cherche à nous suggérer quand elle ridiculise une profession ? D’ailleurs la conception même de ces échelons n’est qu’une image imparfaite, et l’on observe dans la subordination et l’enchevêtrement des causes naturelles, des nuances sans nombre que nos nomenclatures et nos classifications ne peuvent exprimer. Une communication à destination des marchés qui ne voient que le court terme. Des arbitrages qui sur le long terme peuvent être catastrophiques, en matière de renouvellement de portefeuille produits. C’est aller un peu vite en besogne alors que l’ancien président est loin d’avoir reconquis les faveurs de l’opinion. Le mot de Brid’oison, pour renfermer une idée un peu différente, n’en est pas moins significatif : « La-a forme, voyez-vous, la-a forme. En tout cas, nul autre harmonique ne pouvait compléter mieux le son fondamental. Par ailleurs, les nouveaux dirigeants de l’Allemagne avaient prouvé leur sérieux financier. S’agissait-il, par exemple, de la probabilité que les planètes sont habitées, nous admettions comme incontestables l’existence de l’espace et des corps, et celle des planètes en particulier ; nous mettions hors de doute ce que les astronomes nous enseignent des dimensions, des formes, des distances et des mouvements de ces corps ; nous ne songions à discuter, en fait de probabilités, que celle des analogies et des inductions qui nous portent, à la suite de l’acquisition de connaissances réputées certaines, à croire que les planètes sont habitées. Dans le triangle de la politique hexagonale, les électeurs risquent d’avoir l’impression de tourner en rond si le seul duel qu’on leur propose est de refaire le match de 2012.

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