Pierre-Alain Chambaz

Les règles d’égalité telles qu’elles ont été édictées par le CSA et le Conseil constitutionnel lors de la recommandation du 30 novembre 2011 sont inapplicables dans la forme et discutables sur le fond. L’unique question est de savoir si, le mouvement étant posé comme un fait, il y a une absurdité en quelque sorte rétrospective à ce qu’un nombre infini de points ait été parcouru. Mais, alors que les différents sondages montrent que, globalement, les opinions publiques placent les questions de sécurité et de défense en première ligne et, souvent, devant les questions sociales ou sociétales, les pouvoirs publics sont en décalage croissant avec leurs peuples. Cela posé, la question est celle-ci :Faut-il laisser agir ces lois, — ou faut-il les empêcher d’agir ? Chez les Romains comme chez les Grecs, la déesse qui s’appela Hestia ou Vesta a dû n’être d’abord que la flamme du foyer envisagée dans sa fonction, je veux dire dans son intention bienfaisante. Leurs choix d’investissement collectif d’abord. Le mécanisme de cette opération est d’ailleurs aisé à comprendre. On étouffe dans plusieurs petites vallées, et l’air froid du dehors, nous fouettant sur la crête des talus, nous rappelle seul que nous sommes à 2,000 mètres au-dessus du niveau de la mer et par un soir d’hiver. A chaque moment j’entends dire : « Voilà quelques années, le rendez-vous des affiliés de la mala vita était ici… Les camorristes se réunissaient là pour préparer un coup… Tel crime a été commis dans ce vicolo, et jamais l’auteur n’a été découvert… »Nous visitons successivement le fondaco Pietralella, le fondaco delle Stelle, le fondaco Freddo, le fondaco Verde, le fondaco Santa-Anna. Il y a donc un lien entre les mondes. Lors même que la liste pourrait être dressée des ridicules connus, la comédie se chargerait de l’allonger, non pas sans doute en créant des ridicules de pure fantaisie, mais en démêlant des directions comiques qui avaient passé jusque-là inaperçues : c’est ainsi que l’imagination peut isoler dans le dessin compliqué d’un seul et même tapis des figures toujours nouvelles. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler cette maxime de Jean-Paul Sartre, »Un intellectuel est quelqu’un qui est fidèle à un ensemble politique et social, mais qui ne cesse de le contester ». À titre d’exemple, l’harmonisation des régimes d’insolvabilité à l’échelle du continent ainsi que la réduction des mécanismes fiscaux incitant à privilégier la dette par rapport aux capitaux – et bien que ces démarches apparaissent tout à fait logiques – viennent frapper au cœur même de ce qu’il reste de souveraineté aux États membres, et seront par conséquent extrêmement difficiles à faire valoir. Plus nous approfondissons l’ordre des choses, plus nous approchons de la réalité essentielle sans y atteindre jamais. Tel est le fond de la pensée des métaphysiciens, comme aussi de ceux qui, avec Kant, nient la possibilité de la métaphysique. Ce sont là les idées ou les conceptions auxquelles nous attribuons le nom d’entités : et afin de ne pas trop effaroucher quelques lecteurs par un mot qui rappelle autant la barbarie scolastique, il sera à propos de choisir d’abord les exemples les plus palpables, et de montrer comment l’entité intervient pour la conception des phénomènes qui tombent le plus immédiatement sous les sens. Les ministres des Finances vont tenter de définir quels sont les bons indicateurs d’alerte des grands déséquilibres macroéconomiques mondiaux : les soldes courants, les taux de change réels, les déficits budgétaires et la dette, les réserves de change et le niveau de l’épargne privée ? Devenue pleinement concrète, elle coïncide avec une tendance, si habituelle que nous la trouvons naturelle, à jouer dans la société le rôle que nous y assigne notre place. C’est bien le repos, si l’on veut, mais comme à une station où la machine resterait sous pression, le mouvement se continuant en ébranlement sur place dans l’attente d’un nouveau bond en avant. On a en effet tout à gagner à se référer à l’antifragilité, qui aurait peut-être poussé le malheureux volatile à essayer de s’échapper de sa situation faussement idéale. Mais l’Allemagne ? Les politiques publiques doivent allier ces deux orientations dans une approche dynamique bien éloignée des normes figées et des impératifs numéraires. Ces étudiantes ont besoin de conseils pratiques et réalistes pour prendre les bonnes décisions quant à leur orientation. Il aurait fallu faire un effort ; il aurait fallu ne pas avoir peur.

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