Pierre-Alain Chambaz

La même méthode s’applique à tous les problèmes de l’au-delà. Or, le rêve imite de tout point l’aliénation. On souhaiterait qu’un excellent économiste comme Thomas Piketty, qui avec raison cherche à intégrer l’ensemble des sciences sociales à ses travaux, inclue dans son approche les aspects sociologiques décisifs en matière fiscale. Les alternances de génération et de dépérissement, les évolutions sans cesse renaissantes, le mouvement circulaire indéfiniment répété des sphères célestes, tout cela représente simplement un certain déficit fonda­mental en lequel consiste la matérialité. L’obscurité devient plus profonde encore, si l’on fait attention qu’apparemment la réalité substantielle n’appartient pas à cet élément particulier, puisqu’on le compare aux facultés ou aux actes du moi ; tandis qu’il doit avoir la réalité substantielle au même titre que l’élément général, s’il doit se retrouver à ce titre dans des sous-genres ou espèces hiérarchiquement inférieures. On nous objectera que très-souvent il nous arrive de vouloir des choses que nous n’avons jamais faites, et qu’il ne peut en pareil cas être question de l’habitude. Ainsi, quand je mange d’un mets réputé exquis, le nom qu’il porte, gros de l’approbation qu’on lui donne, s’interpose entre ma sensation et ma conscience ; je pourrai croire que la saveur me plaît, alors qu’un léger effort d’attention me prouverait le contraire. La dernière guerre, avec celles qu’on entrevoit pour l’avenir si par malheur nous devons avoir encore des guerres, est liée au caractère industriel de notre civilisation. L’enseignement supérieur et secondaire produisent donc, sauf exceptions, des malheureux, des tyrans, et des garde-chiourmes. Autrement dit, tout événement imprévisible, c’est-à-dire affecté d’une faible probabilité, revêt une portée considérable. Cette dernière observation donnerait l’idée de la construction du thermomètre, ou d’un instrument gradué propre à définir et à mesurer les températures ; celle de la construction du calorimètre, ou d’un instrument propre à mesurer dans ses effets cette irradiation singulière, cet effluve qui n’est, comme la lumière, ni tangible, ni pondérable. Les philosophes qui ont spéculé sur la signification de la vie et sur la destinée de l’homme n’ont pas assez remarqué que la nature a pris la peine de nous renseigner là-dessus elle-même. Il croit si bien à ce « signe démonique » qu’il meurt plutôt que de ne pas le suivre : s’il refuse de se défendre devant le tribunal populaire, s’il va au-devant de sa condamnation, c’est que le démon n’a rien dit pour l’en détourner. À titre d’exemple, entre 2000 et 2010, l’emploi salarié s’y est accru de 15%, et même en temps de crise, il croît encore. Par ailleurs la crise financière mondiale a créé de nouveaux casse-têtes. Mais avec deux limites : d’abord, la mesure de l’efficacité des ARS – et plus largement, le suivi de la politique de santé par le Parlement – sont encore trop focalisés sur les coûts, et pas assez sur la qualité et l’accès des soins. Nous sommes dans une situation d’aggravation extrême des inégalités. La France serait réticente au capitalisme par nature. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler ce proverbe chinois « Plus on s’élève et plus dure sera la chute ». Ils ne sont pas plus dépositaires des souvenirs purs, c’est-à-dire des objets virtuels, que les organes des sens ne sont dépositaires des objets réels. Sa forme ne dépend pas de son contenu. A chaque moment ils lui fournissent l’indispensable, le sol même sur lequel elle se pose ; mais si l’on considère le tout de la route et non plus chacune de ses parties, les accidents de terrain n’apparaissent plus que comme des empêchements ou des causes de retard, car la route visait simplement la ville et aurait voulu être une ligne droite. Sans doute un raisonnement en forme lui démontrerait qu’il est de son intérêt de promouvoir le bonheur d’autrui ; mais il faut des siècles de culture pour produire un utilitaire comme Stuart Mill, et Stuart Mill n’a pas convaincu tous les philosophes, encore moins le commun des hommes. À l’origine, le châtiment était beaucoup plus fort que la faute, la défense dépassait l’attaque.

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