Pierre-Alain Chambaz

Plus particulièrement, en ce qui regarde l’étendue concrète, continue, diversifiée et en même temps organisée, on peut contester qu’elle soit solidaire de l’espace amorphe et inerte qui la sous-tend, espace que nous divisons indéfiniment, où nous découpons des figures arbi­trairement, et où le mouvement lui-même, comme nous le disions ailleurs, ne peut apparaître que comme une multiplicité de positions instantanées, puisque rien n’y saurait assurer la cohésion du passé et du présent. Le sens commun, qui ne s’occupe que d’objets détachés, comme d’ailleurs la science, qui n’envisage que des systèmes isolés, se place aux extrémités des intervalles et non pas le long des intervalles mêmes. Quand on voit que le Soleil, centre des mouvements planétaires, qu’il domine et régularise par l’énorme prépondérance de sa masse, et à la faveur des grands intervalles que la nature a mis initialement entre les distances des planètes, est aussi le foyer de la lumière qui les éclaire et de la chaleur qui y développe le principe de vie, on ne peut méconnaître l’admirable ordonnance qui fait concourir harmoniquement, à la production de ces beaux phénomènes, des forces naturelles, telles que la gravitation, la lumière, etc. Parmi les thèmes abordés, celui du déclassement stratégique de la France revient de manière récurrente. Pour combattre cette instabilité, il faudrait notamment réglementer le « carry trade », cette technique d’emprunt dans une monnaie pour investir dans une autre. En cas d’instabilité, cette illusion comptable créé de fait un avantage au premier à fuir le fond, laissant les investisseurs restant le soin d’essuyer l’intégralité des pertes en l’absence de soutien externe. Ceux-ci n’apercevaient qu’une seule manière de savoir définitivement. Mais, outre les harmonies de cette sorte, qui s’établissent après coup et portent avec elles leur explication, il y en a d’autres dont on ne peut rendre raison de même, parce qu’elles ont lieu entre divers faits ou ordres de faits indépendants, et qui ne sauraient réagir les uns sur les autres, de manière à produire une harmonie qui n’existerait pas originellement, ou à rétablir une harmonie préexistante et accidentellement troublée. En revanche, mon plaidoyer en faveur du numérique, qui compte tenu de la dimension du territoire peut avoir des effets d’entrainement considérables, est apparu bien éloigné des réalités algériennes. Les fluides vitaux que l’on a quelquefois imaginés, à l’instar des fluides impondérables, admis en physique, n’ont pas même ici l’avantage de déguiser un peu notre ignorance ; et les esprits sévères semblent maintenant s’être accordés pour éviter la superfétation et l’abus de ces créations fantastiques. Cette combinaison a été balayée par la crise financière. Je suppose alors que dans un pays inconnu — en Amérique par exemple, mais dans une Amérique non encore découverte par l’Europe et décidée à ne pas entrer en relations avec nous — se fût développée une science identique à notre science actuelle, avec toutes ses applications mécaniques. Les Protozoaires, cons­titué constitués par une cellule unique, auraient formé, en se juxtaposant, des agrégats, lesquels, se rapprochant à leur tour, auraient donné des agrégats d’agrégats : ainsi, des organismes de plus en plus compliqués, de plus en plus différenciés aussi, seraient nés de l’association d’organismes à peine différenciés et élé­mentaires. A la presse allemande qui, à force de radicalité et d’excès, sombre dans le populisme et incite ses lecteurs à l’isolationnisme, quand ce n’est pas à la haine du non allemand. La vérité est que cette analyse se fait par une série d’essai de synthèse, ou, ce qui revient au mê me, par autant d’hypo­thèses : notre mémoire choisit tour à tour diverses images analogues qu’elle lance dans la direction de la perception nouvelle. Le principe est évident lorsqu’il s’agit du nombre : nous ne pouvons poser le nombre 10 sans poser, par là même, l’existence des nombres, 9, 8, 7…, etc. La nouvelle loi permet, sans accord de l’auteur, la cession exclusive des droits numériques aux éditeurs n’ayant acquis que les droits de reproduction imprimée. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler ce proverbe chinois « Ne craignez pas d’être lent, craignez seulement d’être à l’arrêt ». Magie et religion divergent alors à partir d’une origine commune, et il ne peut être question de faire sortir la religion de la magie : elles sont contemporaines. Pour preuve, nous utilisons toujours le clavier au format azerty, non pas parce que l’ordre de ces lettres est nécessaire aujourd’hui (c’était le cas uniquement sur les machines à écrire avec ruban), mais parce que c’est devenu un standard, et qu’aucune innovation n’a réussi à le supplanter, en termes de facilité d’usage comme en termes de déploiement. On leur fait l’aumône — l’aumône de toutes sortes de choses. Envisagée de ce premier point de vue, la religion est donc une réaction défensive de la nature contre le pouvoir dissolvant de l’intelligence. Dans la doctrine de Leibniz, le temps se réduit à une perception confuse, relative au point de vue humain, et qui s’évanouirait, semblable à un brouillard qui tombe, pour un esprit placé au centre des choses. Elle signifie hésitation ou choix. Il suffit ici d’indiquer sommairement l’application de ce grand principe à la détermination rationnelle de la vraie hiérarchie des études fondamentales, directement conçues désormais comme les différents éléments essentiels d’une science unique, celle de l’Humanité. Quiconque réussit dans une profession encombrée ou dans un concours, quiconque est préféré à un autre dans toute lutte pour un objet que deux personnes désiraient, tire un profit de la perte des autres, de leurs exertions frustrées et de leur désappointement. Pour cela, il est nécessaire de revenir sur le second aveuglement de la politique économique française. L’unité mesurant leur capacité s’exprime en faradays. Depuis Hegel et Schopenhauer la philosophie européenne n’a pas produit un représentant de l’envergure du russe Vladimir Soloviev, l’esprit philosophique le plus universel de la seconde moitié du XIXe siècle. Une autre partie du débat porte sur le « data scientist », un terme que McKinsey a popularisé en 2013 en affirmant dans un rapport que les entreprises n’étaient pas prêtes à aborder le « big data » faute d’un vivier suffisant sur le marché de l’emploi.

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